14 Sep

Hydrolienne : l’énergie renouvelable booste l’économie

Publié par laurent Lasselin

Derniers réglages pour l’hydrolienne

L’énergie hydrolienne consiste à utiliser l’énergie des courants marins pour produire de l’électricité. L’hydrolienne bretonne, baptisée l’Arcouest par les équipes d’EDF, a été conçue par une entreprise irlandaise, OpenHydro.

Après des premiers essais concluants, lors de l’hiver 2011, la machine va être immergée une dernière fois dans les semaines qui viennent, avant son installation définitive et le lancement de sa production, prévu à la fin de l’automne 2013.

Le projet prévoit que l’Arcouest soit rejoint par trois autres centrales hydroliennes, afin de former un parc hydrolien d’une puissance maximale théorique de 500 KW, dont le raccord au réseau électrique français devrait être finalisé pour le printemps 2014.

Enjeux énergétiques

Le développement de la technologie hydrolienne, comme celui de toutes les énergies renouvelables, est particulièrement stratégique dans un contexte de soucis environnemental et de besoin d’énergie, avec l’épuisement des réserves d’hydrocarbures.

Les énergies marines constituent ainsi un axe stratégique pour EDF, qui exploite déjà l’usine marémotrice de La Rance, en Bretagne, depuis plus de 40 ans. Cette dernière produit de quoi alimenter en électricité une ville comme Rennes.

L’hydrolien propose différents avantages dont le caractère prévisible des courants marins, qui peuvent être calculés à l’avance, la densité de l’eau, qui permettra d’avoir des machines plus compactes et son potentiel théorique important, de 3000 MW.

Si les experts estiment que l’hydrolien ne pourra certainement pas devenir l’une des principales sources d’énergie, il devrait s’avérer capital comme énergie d’appoint et surtout pour alimenter les systèmes énergétiques insulaires (SEI) pour lesquels l’hydrolien est particulièrement bien adapté.

Enfin, comme toute énergie renouvelable, l’hydrolien aide à atteindre les objectifs environnementaux de l’UE et de la France.

Enjeux économiques et industriels

Pour le tissu industriel français et européen, mais également pour le secteur de la recherche, les travaux sur l’hydrolien sont importants. Le budget de ce projet est ainsi de 40 millions d’euros, dont 7,2 millions d’euros viennent d’aides publiques versées par les partenaires (Région Bretagne, FEDER Bretagne, ADEME).

Cette somme permet d’avoir recours à de nombreux sous-traitants du secteur industriel et de la recherche. Pour réaliser ce projet, 75 % du travail a été réalisé par des entreprises françaises.

Si l’entreprise qui a conçu l’hydrolienne, OpenHydro, est irlandaise, le groupe français spécialiste du naval de défense et de l’innovation dans l’énergie, DCNS, est entré dans son capital à hauteur de 11 % en 2010. Par ailleurs, la société irlandaise a confié à son actionnaire français DCNS la fabrication du tripode et l’assemblage des différents composants.

En outre, un projet de cette envergure, de par les investissements colossaux injectés dans la recherche, permet de faire évoluer considérablement ce secteur. Ainsi, la direction Recherche & Développement d’EDF, responsable de ce projet, travaille avec l’Institut National Polytechnique de Grenoble depuis 2006 sur des travaux qui ont permis le développement d’une technologie innovante d’hydrolienne carénée à axe de rotation vertical, que ses concepteurs ont nommé Harvest et qui bénéficie d’un rendement très prometteur pour lequel plusieurs brevets été déposés.

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